|
Le programme:
Un itinéraire baroque
A propos de la musique religieuse en France
sous Louis XIV
Sous le règne de Louis XIV,
la musique religieuse, encore en grande partie tributaire
de l'héritage polyphonique franco-flamand, voit
néanmoins l'adaptation au goût français
de deux principales innovations italiennes : la polychoralité
(vénitienne) et la monodie accompagnée
(florentine, à l'origine) - ce dont témoigne,
entre autres, l'adoption de la basse continue vers 1650,
par Henry Du Mont, parmi les premiers. Après
1643, Mazarin n'a de cesse de promouvoir devant le public
français (noble, bien sûr) cet art musical
transalpin si impressionnant et si extraordinairement
nouveau, mais contre lequel s'élève déjà
bien des voix qui lui reprochent ses excès dans
la virtuosité et la théâtralité.
Cette italianisation de l'art musical français
eût pu tranquillement et totalement s'achever
si le nouveau roi, en prenant le pouvoir en 1661, n'imposait,
avec la monarchie absolue, l'affirmation d'un style
proprement national dans tous les arts. On le sait,
c'est paradoxalement à l'Italien Gian Battista
Luili (bientôt francisé en Jean-BaptisteLully)
qu'incombe cette tâche qu'il va mener à
bien, tant dans le théâtre musical que
dans la musique sacrée. Cependant, malgré
les pouvoirs exhorbitants accordé à Luüy
et à ses zélotes, la musique italienne
garde ses partisans en France, nombreux et actifs, surtout
dans les milieux ecclésiastiques et certaines
franges de la noblesse, tous friands des nouveautés
que produit continuellemment l'Italie à cette
époque. Il s'ensuivra une interminable dispute,
parfois une véritable guerre, entre les deux
styles, l'italien et le français, qui durera
jusqu'au milieu du, XVIIIe siècle -en dépit
du souci de "réunir les goûts"
de François Couperin, grand admirateur de Luüy
et de Corelli. Parmi les compositeurs, rares sont ceux
qui, très tôt, comme Marc-Antoine Charpentier
et Sébastien de Brossard (maître de choeeur
à la cathédrale de Strasbourg durant quelques
années), tentent de concilier les styles dans
leurs œuvres, prenant appui sur leur commune esthétique
baroque, fondée sur la mise en scène des
affects au service de l'expression religieuse.
Les interprètes:
La Maîtrise de Garçons
de ColmarTémoin du renouveau des maîtrises
en France, la Maîtrise de Garçons de Colmar
s'inscrit dans la mémoire de ces choeurs qui
ont jalonné l'histoire musicale des siècles
passés. Riche d'un héritage, elle désire
transmettre les œuvres dans un souci permanent de recherche
et de fidélité. Composée de trente
garçons et de vingt hommes, la Maîtrise
est dirigée par Ariette Steyer. Formée
à la Maîtrise de Radio France, membre des
Arts Florissants avec lesquels elle a enregistré
de nombreux disques, elle anime des rencontres internationales
de chant choral et poursuit une carrière de soliste.
Le répertoire de la Maîtrise s'étend
du grégorien à la musique contemporaine,
avec une large palette d'œuvres baroques. Des chefs
et des compositeurs prestigieux l'ont dirigée
: Gilbert Amy, Pierre Cao, Theodor Guschibauer, Edward
Higginbottom, Eliahu lnbal, Jean-Claude Malgoire, Dominique
Vellard... Titulaire de nombreuses et
prestigieuses récompenses nationales
et internationales, la Maîtrise de Colmar a également
enregistré plusieurs CD, notamment de musique
religieuse.
Programme détaillé:
|
Sébastien
de Brossard
(vers
1655-1730)
|
Miserere
mei Domine
|
|
Marc-Antoine
Charpentier
(vers
1613 -1704)
|
Sicut
spina rosam
|
|
Henry
Du Mont
(1610
-1684)
|
Magnificat
du 2ème ton
|
|
Sébastien
de Brossard
|
Missa
quinti toni.
- Gloria
- Elévation
- Agnus
Dei
- Domine
salvum facregern
|
|
Henry
Du Mont
|
Cantate
Domino (Psaume 95)
|
|
Marc-Antoine
Charpentier
|
Gaudia
virginis
|
|
Marc-Antoine
Charpentier
|
Inviolata
intégra
|
|
André
Raison
(vers
1650-1719)
|
Messe
du 2ème ton pour orgue.Sanctus
- Benedictus
- Elévation
- Agnus
Dei
|
|
Marc-Antoine
Charpentier
|
Le
Reniement de saint Pierre,oratorio
|
|