Eglise St Thomas

 

 

Cathédrale des protestants, cette église est un bel exemple de l'art gothique alsacien. Fondée au VIIe siècle par l'évêque Saint-Florent, elle est reconstruite en 1144 après un incendie. L'essentiel de l'édifice actuel appartient au 13e et 14e siècle.

Saint-Thomas est un véritable musée de sculptures funéraires. Cette nécropole conserve des pierres tombales et des tombeaux. Un des chefs-d'oeuvres de la sculpture funéraire baroque française est le Mausolée du Maréchal Maurice de Saxe, exécuté sur ordre de Louis XV par Jean-Baptiste Pigalle de 1756 à 1777.

L'église est aussi un temple de la musique : Albert Schweitzer y a organisé des concerts commémoratifs de la mort de Jean-Sébastien Bach. Cette tradition se perpétue encore aujourd'hui.

Les origines de Saint-Thomas sont controversées. La première source authentique signale sa fondation au IXè siècle par l’évêque Adeloch mais on ne sait rien des édifices qui se succédèrent jusqu’à la fin du XIIè siècle dont datent les parties les plus anciennes de l’édifice, notamment des éléments du massif occidental. Ce dernier fut totalement remanié, vers 1230, sous l’influence du chantier de la cathédrale. Le transept et le chœur furent élevés à partir de 1270. Suivirent les trois vaisseaux de la nef formant une église-halle de 1310 à 1330 puis la tour de croisée octogonale achevée en 1348. À la fin du siècle, deux collatéraux supplémentaires flanquèrent la nef désormais aussi large que longue et ainsi très originale dans la région. L’ensemble fut complété aux XVè et XVIè siècles par trois chapelles flamboyantes puis cette église, collégiale depuis le XIè siècle, adhéra à la Réforme au XVIè et depuis lors, du fait de son allure imposante sans doute, on la considère comme la " cathédrale luthérienne française ".

En 1727, le chœur fut aménagé pour l’installation du monumental mausolée du Maréchal de Saxe, œuvre essentielle de Pigalle achevée en 1770. D’autres monuments funéraires, certes moins spectaculaires, retiennent l’attention tels le sarcophage roman d’Adeloch, la dalle funéraire à transi de Nicolas Roeder au XVIè siècle… On remarque également un linteau roman représentant Saint Blaise, le tympan déplacé de l’incrédulité de Saint Thomas (vers 1230), très marqué par le maître de la cathédrale, et les vitraux du XIVè siècle.

Des 13 orgues construits par la famille Silbermann à Strasbourg, celui de Saint-Thomas est le seul à avoir gardé suffisamment de matériel d’origine pour pouvoir encore mériter l’appellation d’ " orgue Silbermann ". La partie instrumentale de l'orgue est classée «monument historique» depuis le 24 septembre 1971 alors que le buffet l'est depuis le 4 juin 1973.Les Silbermann ont toujours refusé d’intégrer, dans leurs ouvrages, des éléments plus anciens. Aussi est-ce un orgue entièrement neuf que Johann Andreas Silbermann - alors âgé de seulement 25 ans - fut chargé de construire, en 1737, pour remplacer l’ancien instrument qui avait encore gardé sa structure gothique. L’orgue, achevé en février 1741, comptait 31 jeux sur 3 claviers et pédalier, le strict nécessaire pour remplir la quintuple nef médiévale, sans aucun jeu superflu.

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